Travailler dans l’humanitaire ? Conseils de choix de carrières altruistes

Conseils pour choisir une carrière altruiste

On pourrait penser que travailler dans l’humanitaire, l’aide au développement, la santé ou le social est la voie royale pour agir de manière altruiste. Les travaux issus de l’altruisme efficace, en identifiant d’autres carrières potentiellement très bénéfiques, permettent cependant d’avoir une vision plus globale et nuancée des carrières les plus altruistes.

Qu’est-ce que l’altruisme efficace ?

Six facteurs principaux permettent d’expliquer la satisfaction au travail.

  1. Vous êtes bon dans ce travail
  2. Vous êtes amené à aider les autres par votre travail
  3. Le travail quotidien est intéressant et captivant : « vous ne voyez pas le temps passer »
  4. Vous avez des collègues positifs
  5. Vos exigences de base sont satisfaites : un salaire que vous considérez juste, un temps de travail raisonnable, un trajet domicile-travail court, la sécurité de l’emploi
  6. Votre travail se conjugue bien avec votre vie personnelle

Source : Traduction des conseils de 80,000 Hours (anglais).

L’altruisme efficace insiste sur l’impact social comme critère pour agir, y compris pour choisir sa carrière. Mais qu’est-ce que l’impact social ?

[L’impact social correspond au] nombre d’individus dont vous améliorez la vie et à l’ampleur de ces améliorations.

Cela signifie qu’il y a deux possibilités pour avoir un impact social plus important : aider plus d’individus, ou aider le même nombre d’individus mais dans des proportions plus grandes.

[…]

Comment mesurer l’impact social ?

  1. Nous ne sommes jamais sûrs de l’impact social de différentes actions, mais ce n’est pas un problème car on peut utiliser les probabilités pour faire des comparaisons. Par exemple, 90% de chance d’aider 100 personnes est grossièrement équivalent à 100% de chance d’aider 90 personnes.
  2. De plus, nous pouvons toujours utiliser des principes de base pour comparer différentes voies d’actions. Par exemple, […] nous soutenons que, toutes choses égales par ailleurs, il est plus utile de travailler sur des domaines négligés. Ainsi, même si nous ne pouvons pas mesurer précisément l’impact social, nous pouvons toujours choisir stratégiquement des domaines négligés.[…]

Source : Traduit de 80,000 Hours. Bien plus de précisions ici.

Quelles carrières poursuivre dans une visée altruiste ?

On peut regrouper les carrières altruistes possibles de la manière suivante :

  • Le travail direct (dans des ONG, le secteur social, la santé, l’éducation, …)
  • Le conseil et l’influence (promotion d’idées, de pratiques et de politiques)
  • La recherche (scientifique, sociale, économique…)
  • Les carrières visant à gagner plus pour donner plus (financement des causes altruistes)

Travailler dans l’humanitaire ou pour une ONG est donc loin d’être la seule solution pour mener une carrière altruiste. De plus, si on compare les bienfaits générés par chaque carrière, les autres options se révèlent souvent plus appropriées.

Voici plusieurs exemples qui l’illustrent.

S’orienter vers une carrière qui offrira des emplois à haut revenu peut être considéré comme un choix altruiste, à condition que cela vous serve à augmenter le montant de vos dons vers des organisations efficaces : gagner plus pour donner plus ! En finançant les organisations qui ont le plus fort impact, vous facilitez la mise en place de projets altruistes plus ambitieux. Ainsi, augmenter ses revenus pour donner davantage constitue une alternative légitime au travail direct « sur le terrain ». Et ce d’autant plus que la concurrence est souvent rude quand on s’oriente vers une carrière dans le domaine humanitaire ou associatif. Dans ces domaines-là, plus vous avez de concurrents sérieux et compétents, plus la différence directe que vous faites par votre travail sera faible, car vous pouvez facilement être remplacé par quelqu’un d’aussi compétent que vous. C’est ce qu’on appelle l’effet contrefactuel.

Donner permet donc de financer des nouvelles actions altruistes, alors que travailler directement pour une ONG est intéressant uniquement si vous pensez pouvoir faire du meilleur travail que la personne qui aurait été embauchée à votre place.

Une carrière dans la santé permet de soigner de nombreuses personnes. Mais pour savoir quelles sont les conséquences du choix de cette carrière, il faut se demander si ces personnes auraient quand même été soignées sans notre présence. En effet, permettre l’accès aux soins à une population qui en est totalement dépourvue a bien plus d’effets bénéfiques que d’améliorer marginalement l’accès aux soins d’une population qui a déjà une couverture santé avancée.

Ainsi, en ne considérant que les conséquences de l’accès aux soins, travailler dans la santé dans un pays très pauvre permet de sauver beaucoup plus de vies que dans un pays relativement plus riche. Les personnes que vous n’aurez pas soignées dans un pays riche auraient de toute manière reçu des soins de quelqu’un d’autre.

Participer directement à l’allocation de fonds vers des ONG, des programmes de développement, des actions caritatives, etc., du fait de son poste ou de son influence peut faire une grande différence, si vous arrivez à les orienter vers les organisations les plus efficaces.

D’autres exemples de carrières altruistes existent, vous pouvez les trouver dans le guide de carrière ci-dessous. Comme vous avez pu le constater, déterminer quelles carrières sont les plus bénéfiques n’est pas évident : au vu du temps passé à travailler au cours d’une vie, il est alors essentiel de prendre le temps de se renseigner. Le guide de carrière produit par 80,000 Hours vous permet d’explorer ces possibilités, et beaucoup d’autres !

Un guide complet (en anglais) pour choisir une carrière qui a du sens : 80,000 Hours

 Dans ce guide, vous pourrez trouver des conseils sur :

  • Comment orienter sa carrière pour aider plus efficacement ?
  • De manière générale, quelles sont les carrières à plus fort impact ?
  • Qu’est-ce qui rend un métier épanouissant ?

Voici une courte introduction en vidéo au guide de carrière 80,000 Hours (en anglais)